A 3. Partir du bon pied

Enfin la nuit s’achève. Enfin on pourra vivre cette corvée-aventure.

Évidemment, Caramel et Cashew sont les premiers levés. Il fait à peine jour, mais aucun lapin ne rechigne. On s’étire à qui mieux mieux pour se réveiller.

Tout en grappillant, les lapines s’occupent de recueillir la rosée dans des flûtes de roseau pendant que les lapins transportent les nattes protectrices sur les lieux de la corvée.

La veille ces derniers ont réussi à redresser le panneau et Nougat a pensé le surélever avec des morceaux de bois afin de pouvoir se glisser facilement dessous. Les lapins n’ont plus qu’à endosser les nattes et à se mettre en position.

Mais quelles positions prendre?!!! Personne n’a pensé à cela. Par deux, par trois? Répartis par grandeur ou par force tout le long de la plaque?

Jujube tape de la patte pour calmer le jeu. Grâce aux piquets de Nougat on peut essayer les différentes combinaisons sans trop se fatiguer.

Finalement, on se répartit par deux avec un porteur de relève pour pointer la direction et marquer la cadence.

Marquer la cadence? Quelle bonne idée! De plus, une relève ménagera les moins forts. On pourra avancer plus longtemps entre les pauses.

L’enthousiasme de Caramel et de Cashew a gagné toute la fratrie.  Ce n’est plus une corvée, c’est devenu une aventure.

Comme personne ne s’y connait en cadence, on s’entend rapidement pour réclamer à Jujube de s’essayer. Avec lui personne ne dira qu’il peut faire mieux.

Et vraiment, comment faire? Avez-vous déjà entendu un lapin crier? C’est crispant. Mieux vaut réserver les cris aux situations de détresse.

Heureusement, Jujube a de la jugeote. Il retrouve un genre de boîte de métal dans le tas de débris qu’ils ont déblayés la veille et, avec un bâton, il produit un son que tous peuvent entendre, même sous le panneau.

On se met en position. Tape-tape-tape disent les pattes. Nous sommes prêts. Jujube envoie quelques bang, bang rapides sur la boîte pour annoncer le départ.

Au premier gros BANG on lève le panneau. Ça branle un peu mais chacun finit par s’ajuster à une hauteur moyenne.

Au deuxième gros BANG chacun glisse  sa patte gauche vers l’avant. Au troisième gros BANG c’est au tour de la patte droite.

Bon c’est sûr que certains, certaines commencent avec la mauvaise patte. Le panneau valse dangereusement. Jujube fait rapidement le tour pour remettre les choses au point.

BANG on glisse, BANG on glisse. Pas pire. BANG, BANG, glisse, glisse et on est maintenant rendu sur le sentier.

Jujube fait de nouveau le tour pour signaler un arrêt. Il court au point de départ chercher les piquets – vraiment géniaux ces piquets.

Chacun graduellement peut sortir de sous le panneau. On s’étire en s’assurant que l’entourage comprenne que l’on n’est pas fatigué, mais pas du tout.

Ce doit être vrai car même Praline le dit.

Jujube montre le soleil. Avec toutes les discussions et tests de position, la matinée est fort avancée. Il faut éviter d’être trempés de sueur. Il y a déjà assez de Caramel et de Cashew pour empester le terrier.

Mais tous veulent aller plus loin. On a à peine avancé. On n’est pas fatigué. Il ne fait pas encore trop chaud. On décide à l’unanimité de continuer encore un bout jusqu’à ce que les plus faibles soient fatigués ou que la chaleur menace. On pourra reprendre ensuite en milieu d’après-midi après une bonne sieste réparatrice.

On se remet donc en position. Jujube signale le départ et BANG BANG glisse glisse, la fratrie est de nouveau en marche.

Jujube doit encore corriger le pas de certains et de certaines mais, finalement, tout va rondement.

Lorsque le soleil atteint le zénith les lapins ont couvert à peu près le tiers de la distance. Il est temps d’arrêter. Jujube remet les piquets – il aimerait bien trouver un moyen pour les transporter en même temps que la planche.

Praline a l’air pas mal à bout quand elle sort de sous le panneau. On s’étonne qu’elle ait tenu le coup si longtemps. Caramel et Cashew savent si bien la complimenter qu’en un rien de temps ses oreilles se redressent.

Les moins costauds s’en tirent finalement assez bien.  Quelle famille on fait qu’ils se disent avec fierté. La prochaine étape s’annonce bien.

Ils partent alors chacun de leur côté pour grappiller et faire la bonne petite sieste prévue, au frais, sous les arbustes.

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