A 1. Jujube cherche un plan B

Tout commence près de chez nous, un beau jour de printemps, alors qu’un lapin du nom de Jujube Bonbon aperçoit des hommes circuler dans sa garenne.

Ces derniers équipés de trépieds et de viseurs parlent de nivelage et de construction – là et là – en faisant de grands gestes des bras.

Le lapin s’inquiète : si les hommes s’installent dans le champ ce sera de plus en plus difficile de se nourrir, et encore plus difficile de cacher notre terrier des regards.

En tant qu’aîné, il se sent responsable de ses cinq sœurs et de ses trois frères car les mamans ont disparu depuis des lunes  et papa Bonbon est encore parti courir la galipote.

Il ne faut pas être pris au dépourvu pense-t-il. Peut-être pourrions-nous nous déplacer plus loin. Au-delà des grands gestes de bras des intrus, il y a encore des arbres et des champs…

Oui, mais pour s’y rendre, il faudrait traverser la grande route où les camions roulent à toute vitesse. Certains de ses frères et de ses sœurs ne réussiront pas.

Pastille et Cashew  n’écoutent jamais. De plus, c’est probablement le territoire d’autres lapins. Cannelle et Praline ne seront pas capables de se défendre contre eux.

S’installer ‘en ville’ avec les humains ???

Les chiens et les chats ont bien réussi eux, et les siffleux s’en accommodent. Il y a aussi tout plein d’herbe qu’on peut gruger. Oui, Il faudrait voir.

Jujube part donc un bon matin fureter dans le voisinage après avoir confié la sécurité de la famille à Réglisse. Celle-ci est tough, elle réussira mieux que Cannelle, Caramel ou Nougat à se faire écouter.

Saute, saute dans les champs, il aborde précautionneusement la région habitée.

De rue en rue il observe. Des autos passent. On dirait que l’endroit se vide de ses habitants. Pas un chien, pas un chat en vue. Un écureuil l’informe : « C’est comme cela tous les matins. Ils reviennent quand le soleil descend. »

Hum! songe notre lapin. Nous, c’est justement le matin et le soir que l’on s’active. Il faudrait un lieu où les humains restent à l’écart durant ces heures.

Mais, vous songez bien que l’idée d’emménager en ville et d’y trouver des humains tranquilles, ce n’est qu’un début.  Le plus difficile encore sera de convaincre la fratrie d’immigrer.

Tout un programme! Rien qu’à y penser les oreilles de Jujube  en tombent.

En lapin responsable et déterminé, il fait quelques bonds pour semer le doute. Puis, l’exercice lui ayant permis d’envisager les prochaines actions, il prend le chemin du retour.

Aucun danger. On vous l’a dit, le quartier est désert à cette heure là.

C’est quand il arrive à la prairie que Jujube a un choc qui lui vole presque tout son courage.

IMAGINEZ! Quitter CECI pour ça?

Jujube entend crier dans les fourrés – Pas là ! Pas là ! Savent-ils déjà ses plans ?!!

En fait, la fratrie s’en donne à cœur joie car Réglisse s’est arrangée avec Cannelle pour qu’elle se cache et tout le monde la cherche. Bon moyen pour éviter que Cashew et Caramel se mettent dans le trouble.

Jujube en profite donc pour se reposer de ses émotions. Il s’adosse à un arbre, étire ses pattes, hummmm… et empoigne une tige d’anis sauvage bien juteuse.

Peut-être qu’il se fait trop de soucis. Peut-être que le développement ne se fera pas. Il a déjà vu de vieilles affiches en lambeaux durant ses excursions. Ce serait bien des humains ça ! S’agiter des bras et de la voix pour finalement n’accoucher de rien.

Oui, c’est cela. Jujube décide qu’il s’inquiète pour rien. La prairie est un pur plaisir. Toute la famille y trouve son compte :

Guimauve peut y vivre sa vie de lapine normale.

Nougat, Praline, Pastille et Réglisse dénichent sur les sentiers un tas de petits riens avec lesquels ils se racontent des histoires.

 Caramel et Cashew ont tout l’espace pour courir à s’en essouffler et jouer des tours pendables aux autres.

Et Cannelle trouve dans la prairie assez de variétés d’herbes à étudier pour occuper ses journées.

Oui, profitons du bon temps. À son prochain passage, son père aura probablement une remarque qui le rassurera pleinement.

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ÇA SENT L’AVENTURE