C 9. Plein de surprises

Les lapins agglutinés autour du buisson sont pris par surprise quand la ferraille poussée par les planchistes est propulsée subitement hors du fourré.

Ça roule!!!??? Constatent-ils. Quelle aubaine, pense Cashew.

En un rien de temps celui-ci s’extirpe de la broussaille, se précipite et donne un gros coup qui envoie la carcasse  plus loin vers le talus.

Quelques lapins se prennent au jeu. Chacun d’un coup de patte la fait rouler plus loin. La bonne affaire car de ci de là la ferraille butte et culbute sur les mottes d’herbe et autres buissons qui parsèment le trajet.

On arrive au pied de la pente. Ça roule fort. Oh là! il faut arrêter l’élan. Réglisse se précipite en avant. Ouille son épaule. Heureusement qu’ils ont changé le programme. ‘

Ouf! la ferraille s’est arrêtée. On pousse quelques cailloux tout contre. Bon ça ne bouge plus. Cashew frappe quelques gros Boum. Le machin risque de s’échapper. Jujube et Caramel coincent des roches plus grosses sous la carcasse. Cashew teste de nouveau avec un gros coup de pattes. Ça tient.

Les lapins se tournent alors vers Guimauve en lui faisant signe d’essayer ce nouvel instrument.

Pendant que les lapins s’exercent à tapocher des rythmes, les paradeurs eux, peu intéressés par les gros BOUM-BOUM, partent  poursuivre l’avancement de leurs costumes.

En approchant, COUIC! Ils surprennent un castor en train de filer vers la rivière avec le costume de Nougat. NOOOON!!!

Insultés, les lapins se ruent sur lui en faisant le maximum de bruit. Le castor pas trop batailleur délaisse son butin et continue tranquillement son chemin vers la rivière en ayant l’air de dire :

«Bon, bon, ne vous énervez pas. J’ai compris, vous y tenez à vos bricoles même si elles seraient bien plus utiles sur mon barrage.»

Les lapins sont énervés! Quel coup au cœur de voir leur journée d’effort menacée. Fébrilement ils examinent l’étendue des dommages. Un petit coin est percé, là où le castor a fiché ses dents pour tirer le costume. Nougat ne semble pas trop trop s’en faire. Il signale :

«Vraiment un rien ces dommages. Juste quelques brins à replacer et le trou sera bouché.»

La pression tombe définitivement lorsqu’ils constatent que les cadres des autres costumes sont toujours là, tels que les lapines les avaient laissés.

Calmées, ces dernières commencent à palper leur montage. Les branches ont durci en séchant. Nougat tapote de la patte. Finalement il leur montre :

«Ça a mal séché. C’est trop plat. Ça manque de courbure. Si on essaie d’arranger les armatures autour de Pastille ou de Praline ça va casser et sans courbure elles vont avoir l’air de traîner un panneau derrières elles. Même chose pour Cannelle.

Faisons tremper les cadres dans la rivière cette nuit. Demain matin nous pourrons les mouler sur vous afin de leur donner la courbure qui conviendra à chacune.»

Épatées par la justesse de ces commentaires, les lapines, chacune à côté de son ouvrage, lui signalent qu’elles sont prêtes à suivre ses instructions pas à pas.

Nougat pour une fois a l’air nerveux. Pas facile ce qu’il projette de réaliser. Afin de se calmer, il prend une grande respiration, carre les épaules, dresse les oreilles et finalement s’avance vers l’ouvrage de Pastille en se plaçant face à elle.

Il signale à Cannelle de faire de même avec Praline pour aider cette dernière.

Nougat, d’un geste d’oreille, amène Pastille à soulever l’armature en même temps que lui.

Doucement afin de ne pas briser les attaches, ils se déplacent un peu plus loin vers la rivière.

Doucement ils s’avancent dans l’eau jusqu’à un endroit un peu à l’écart.

Croyant en avoir terminé, Pastille lâche le cadre. Le montage s’éloigne avec le courant. Nougat heureusement réussit à le rattraper du bout d’une griffe et à le ramener à lui pendant que la lapine trop pressée se fait toute petite.

Voyez Nougat qui sauve la mise en cliquant ici

Nougat finalement sort de l’eau, attrape un brin et attache le montage à un bosquet près de la rive.

Satisfait, il guide ensuite Praline et Cannelle à un emplacement juste à côté et, tous ensemble ils terminent la manœuvre avec les deux autres costumes.

C’est à ce moment que les planchistes et Guimauve déboulent sur la berge afin de conclure la journée par une bonne rincée dans la rivière. Tout excités de leur journée, ils manquent avec leurs grands coups de pattes dans l’eau de bousculer les cadres pourtant attachés assez loin de là.

Cannelle et Nougat préviennent le pire en renforçant les attaches des armatures. Les paradeurs l’ont échappé belle car des ébats ça fait des vagues.

Concentrés sur leurs tâches, ces derniers n’ont pas vu la soirée approcher. Déjà bien mouillés, et leurs cadres en sécurité, ils se dépêchent d’aller se délasser dans l’eau avec le restant de la fratrie.

Peu après, en grappillant, les lapins commentent, encore tout agités, la journée mouvementée qui vient de se dérouler.

Les uns renchérissent sur les autres : la dextérité requise pour bâtir les armatures, la difficulté des paradeurs à monter élégamment la pente, l’excitation des planchistes à exécuter leurs acrobaties, la grosse frousse causée par la possibilité d’un accident, l’étrange idée de bruit de Guimauve, la découverte de la ferraille.

Pastille en rajoute avec :

«Vous ne savez pas, mais nous avons failli perdre tout le travail de la journée à cause d’un foutu castor chapardeur.»

Réglisse rapplique avec une autre histoire de voisins malcommodes :

«Nous ce sont les siffleux qui sont venus se plaindre. Nos essais de sons, à les entendre, empêchaient leurs petits de dormir.»

Avec tant d’actions et de rebondissements tous s’étonnent que seulement trois jours se soient écoulés depuis qu’ils ont atteint le talus avec la planche. C’est à se demander se qui se produira demain.

Mais demain c’est demain. Ce soir, toute la famille Bonbon relaxe en regardant les lucioles voleter autour d’elle, confiante maintenant de pouvoir réaliser l’Événement remarquable dont chacun rêve.

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LAPINS SOUS TENSION