Après une suite de journées mémorables, la pluie qui menace amène la famille Bonbon à retarder leur nouveau projet de spectacle.
Au matin donc, sans urgence ni excitation pour tirer la fratrie du terrier, il y en a plus d’un à rester paresser au chaud dans sa fourrure.
Pastille et Praline évidemment doivent prendre ce qu’elles appellent une cure de beauté.
Caramel et Cashew qui ont ‘œuvré’ depuis un mois au projet de la planche à roulette marmonnent qu’ils prennent congé de réveil et qu’ils ne se lèveront pas.
Bien entendu, cet état ne dure pas trop longtemps, car encore une fois la faim a raison des traînards.
Tout en grappillant chacun souligne les courbatures qu’il/elle endure depuis le début de cette aventure :
Mal au dos pour un, mal à la patte droite pour l’autre, ici mal à l’épaule, et même une griffe cassée.
Ouf! qu’ils se signalent, heureusement qu’hier on a décidé de se donner du temps pour préparer LE spectacle.
En en venant à cette conclusion, déjà tous les lapins se sentent plus reposés. Un étirement par ci, un saut par là, et on les voit reprendre de leur souplesse.
Mais, oh! une goutte d’eau, une autre, une autre.
Il y a pas mal de nuages gris en haut. Ça risque de tomber dru. Vite comme des lapins peuvent l’être, chacun complète son déjeuner et se crée une petite réserve au cas où la pluie s’éterniserait.
Il faut aussi s’assurer que ce camping-terrier est étanche. Mieux vaut prévenir maintenant que d’avoir à sortir boucher des trous sous l’averse.
Jujube d’un signal d’oreille divise les tâches :
Réglisse et Guimauve montent au-dessus des issues évaluer si le toit est suffisamment étanche.
Caramel et Cashew tracent des rigoles de chaque côté des entrées afin d’éviter que des filets d’eau coulent dans le terrier.
Jujube et Nougat rendent les issues plus étanches en tassant de l’herbe sur les bords.
Pastille et Praline tapissent le sol à l’intérieur avec le nouveau foin apporté par Cannelle.

Une fois sa tâche accomplie, chacun se hâte de se mettre à l’abri dans le terrier, la fourrure malheureusement déjà un peu humide.
Praline et Pastille rechignent:
On va encore être tout sales;
On est tout tassés;
À quoi va-t-on bien pouvoir passer le temps si ça dure cette pluie?
Jujube, Caramel et Cashew ne voient pas où est le problème. Ils se sont déjà mis en boule pour un petit roupillon.
Mais pas de chance, alors que Nougat s’apprête à dessiner des idées de parure sur la paroi, Cannelle d’un petit couic attire l’attention.
Pourquoi ne pas discuter de l’organisation du spectacle pendant cet arrêt forcé?
Quelle super suggestion : tous les lapins, ou presque, sont excités à l’idée de faire avancer leur projet malgré la pluie.
Jujube, lui, ne voit aucun mal à pouvoir ENFIN! ne rien faire, mais il se résigne car tassés comme ils sont dans le camping-terrier, il sait d’expérience qu’il n’aura pas la paix
Cannelle, son point gagné, s’empresse de lancer la discussion afin d’éviter que le moment tourne au placotage.
Elle reprend sa liste de la veille :
D’abord il y a l’horaire : on se donne combien de temps?
Après bien des débats et le calcul du temps d’une prestation on convient que chaque équipe a besoin d’une bonne heure.
Aussi, si l’événement commence précisément à la demie entre le zénith et le coucher du soleil, tous les voisins pourront retourner tranquillement chez eux sans danger
Oui, mais on fait ça quand demande Caramel?
Réglisse regarde dehors : il pleut pas mal, ça a l’air de vouloir s’éterniser.
Nougat insiste qu’il faudra attendre que cela sèche un peu autrement les feuilles et les fleurs dans les parures auront l’air toutes mouillées.
Cannelle sans laisser une chance à personne propose le scénario suivant :
Aujourd’hui, repos et discussion dans les équipes sur le choix des parures et des acrobaties;
Demain pratique d’acrobaties, montage des cadres pour les parures;
Événement après-demain, si la température continue à être clémente, sinon report le meilleur jour qui suit.
On peut difficilement dire mieux. Oui, oui qu’on répète dans le terrier.
La discussion est bien partie. Mais stressant-stressant: qui, des planchistes ou des paradeurs, lancera l’Événement?
Chaque groupe argumente fort pour être le premier : un beau charivari de couinements, de gesticulations et de poussière qui lève.
Nougat gagne sans conteste la partie en faveur des paradeurs en signalant que, s’ils s’exécutaient en deuxième ils ne pourraient pas voir les planchistes à l’œuvre, occupés qu’ils seraient à endosser leurs parures.
Les sportifs se calment d’un coup. C’est justement pour montrer leurs exploits aux costumés qu’ils veulent eux aussi cet événement.
Bon voilà! une autre affaire de décidée. Comment invitons-nous les voisins maintenant?
Simple dit Pastille. Ils ne cessent de nous tourner autour depuis le transport du panneau.
Au lever, le jour de l’Événement, j’annoncerai à certains d’entre eux notre projet de spectacle. Vous allez voir, ils ne pourront résister à en parler à d’autres. En un rien de temps toute la prairie va être au courant.
Réglisse s’inquiète, s’il y a un gros rassemblement, des prédateurs y verront peut-être une aubaine. Il faudrait organiser la sécurité.
Personne ne veut s’avancer sur ce sujet. Comme d’habitude dans ces cas-là, tous se tournent vers Jujube.
Hum! oui! qu’il signale. Il faut être prudent. Voyons, hum, hum, réfléchissons, si Pastille lui désigne les meneurs parmi les espèces intéressées à assister au spectacle, ils devraient ensemble pouvoir prévoir des vigies et une tactique de défense.
Lui non plus n’est pas prêt à renoncer à la magnifique idée du spectacle à cause de la sécurité: c’est un souci, c’est sûr, mais ils en ont eu la preuve avec le renard, la fratrie n’est pas sans moyens contre les prédateurs observés dans le secteur.
Alors que tout semble réglé, Guimauve à bout d’anxiété s’extirpe d’entre ses voisins en signalant qu’elle a un problème.

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