B 3. De cabrioles en parures

C’est vrai! Que d’émotions pour nos lapins! L’installation du panneau, les acrobaties, l’attaque du renard.

Tellement  que depuis le matin on n’avait même pas pensé avoir faim…

Les estomacs grognant à qui mieux mieux, le temps de dire hop! la fratrie se disperse au plus près – il faut rester prudent – afin de mâchouiller les meilleures pousses.

Et LÀ, LÀ Caramel tellement moins stressé maintenant que la planche est un succès, LÀ, il trouve du lierre qui fera le bonheur de Pastille et de Praline et leur fera oublier le renard.

Fines herbes, cadeau surprise, et petit roupillon sous un arbuste pour refaire les forces, chacun sera sur pattes en un rien de temps.

Jujube, qui lui ne s’était pas fatigué dans des acrobaties, s’offre pour veiller sur leur sieste.

Il s’installe en haut du monticule afin de surveiller les alentours…mais aussi pour s’essayer sur la planche à roulette.

Il espère surprendre les lapins à leur réveil en ayant l’air de battre du premier coup le record de Caramel.

Hum! On le savait prévoyant, sage et prudent ce Jujube mais pas aussi ratoureux.

Bon premier essai, ça augure bien, il ne tombe pas dans le fourré. Il remonte lentement pour ne pas alerter personne.

Deuxième essai, il est presque sur la marque de Caramel. Il sait maintenant quel type d’effort donner à l’élan et au bond final pour la dépasser.

Emballé par ces descentes, il ne peut s’empêcher d’en faire une troisième après avoir observé qu’il n’y avait pas de danger rôdant aux alentours.

Cette fois-ci, il se risque à une petite acrobatie durant le bond en touchant ses quatre pattes ensemble. Pas pire, même avec cette petite voltige il manque de peu le record de Caramel.

Satisfait, Jujube s’ébroue pour remettre sa fourrure en ordre, remonte la pente et s’assoie mine de rien afin d’attendre le réveil de la fratrie.

Il n’a pas à patienter longtemps. Caramel, Cashew et Pastille sont les premiers debout, stimulés par les plans qu’ils ont échafaudés en prenant leur collation.

Pastille se dépêche de ramasser des tiges de lierre pendant que Praline dort encore. 

Caramel et Cashew pour leur part rassemblent du foin en bas de la piste afin d’amortir les chutes en prévision d’acrobaties encore plus osées.

Tranquillement, ils sont rejoints par les autres lapins.

Les acrobates poussent Jujube à se joindre à eux :

À toi de t’essayer maintenant, montre-nous ce que tu as appris en nous regardant faire toute la matinée.

Les cueilleuses de parure se rapprochent. Elles aussi sont curieuses de voir comment il s’en tirera.

Sérieux, Jujube prend position sur la planche. Il S’ÉLAANCE, BOONDIT, REGROUPE SES PATTES et  ATTERRIT…dans le buisson.

Ouh là! pas le résultat qu’il souhaitait, mais tous sont tellement contents qu’il se soit joint à leurs acrobaties que lui aussi fait une petite danse de victoire.

Et ça reprend de plus belle, les planchistes chacun leur tour montent le talus le plus vite possible pour s’essayer à une autre pirouette.

Guimauve, Praline et Pastille leur tournent le dos, moins intéressées que jamais par la forme que prennent les descentes.

Tout en s’éloignant, cette dernière leur explique comment elles pourraient utiliser les feuilles et les fleurs du voisinage :

C’est sûr, une cape pour moi avec le chiffon,

mais pour vous deux, nous pourrions faire des nattes pleines de fleurs, comme un manteau, et avec des couronnes sur nos têtes nous aurions vraiment belle allure.

Guimauve se voit mal, lapine costaude qu’elle est, avec un manteau de fleurs. Elle préfère plutôt profiter du monticule pour observer les alentours.

Vous vous souvenez, c’était le projet qu’elle avait au tout début de cette aventure. Elle laisse donc les deux lapines à leurs travaux.

Pastille évidemment veut régler la fabrication de la cape en premier. Elle tient le bout de tissu sur ses épaules pendant que Praline l’attache autour de son cou avec un brin de lierre.

Elle esquisse quelques mouvements pour tester l’effet et, poil de carotte, tout se défait.

Praline cette fois serre le nœud bien fort en tirant avec ses dents mais, double poil de carotte, le lien se casse.

Toutes les deux regardent déçues le morceau de tissu tombé par terre. Pastille, anxieuse, tape nerveusement de la patte. Tellement que Cannelle le remarque et quitte la file de planchistes pour se rapprocher.  Pastille, découragée, lui explique la situation.

À un signe de Cannelle, Nougat s’approche à son tour. Comme on l’a vu avec les piquets du panneau, il a de l’idée.

Que faire? Ensemble ils remontent le chiffon sur les épaules de Praline qui le retient à son cou.

Hum…hum…marmonne Nougat en réfléchissant. Ah oui!  Je vois, c’est simple qu’il leur explique en faisant un dessin sur le sol :

Il n’y a qu’à faire deux tours avec la tige, les feuilles vont s’emmêler et ça va empêcher le lien de se défaire.

Praline se dépêche de lui tendre un nouveau bout de lierre afin qu’il mette son idée à exécution.

Pastille ne bouge pas d’un poil de peur de nuire à Nougat…mais, mais, mais oui, elle sent que le morceau de chiffon reste bien solide autour de son cou. Un geste par la gauche, un par la droite. Ça tient!

Excitée, elle se jette au cou de Nougat pour le remercier. Elle se voit déjà avec cette chape rouge monter fièrement sur le monticule.

Les planchistes vont bien voir qu’il y a mieux que les acrobaties!

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VISION DE LAPINE