A 7. On y est presque

Alors que les lapins dorment du sommeil du juste dans leur terrier de fortune, Caramel fait le dernier tour de garde.

Il veut être celui qui signalera le réveil. Pas question qu’on traîne au lit. Il est à ‘ça’ de réaliser son rêve de se lancer sur la planche à roulette.

Et donc, alors que la nuit finit à peine, il réveille Cashew et fait suffisamment de remue- ménage pour que les autres émergent du sommeil.

Soucieux de garder la fratrie de leur côté, les deux comparses partent chercher des herbes bien juteuses afin d’attirer les lapins hors du terrier.

Ils poussent une pointe jusqu’au tournant de la rivière et constatent que la planche est toujours dans l’état ou ils l’ont laissée la veille. La journée s’annonce bien.

De retour au camp, les premiers lapins sortent de la galerie, enchantés de trouver le déjeuner à portée de patte.

On baille, on s’étire, on sautille, surpris de ne pas être plus courbaturé. Finalement la fratrie au complet est réveillée.

Tout en grappillant, on commente à nouveau les bons moments de la veille, l’excellence du terrier, le plaisir d’être dans un endroit différent.

Jujube examine les pattes de chacun. Ce n’est pas parfait-parfait mais cela devrait aller pour la dernière étape.

La journée est lancée : il fait beau, les oiseaux chantent. Cela va être encore une belle journée d’aventure.

Dès que tous sont rassasiés on se dépêche de se préparer pour la prochaine étape : remettre de l’eau dans les flûtes en roseau, rafistoler et endosser les nattes, répartir les positions sous la planche.

Comme prévu, Praline va donner la cadence. Guimauve et Pastille l’aident à attacher la boîte de métal qui est pas mal grosse pour elle.

Praline est toute nerveuse, elle en a la tête qui tourne. Bon, faut pas t’en faire, qu’on lui signale, on n’a pas si loin à faire.

Justement, Cannelle revient de faire le parcours. Elle estime que la fratrie devrait rejoindre la butte avant que le soleil arrive au quart de son parcours.

L’excitation monte encore d’un cran. Tous sont anxieux de se mettre en marche, chacun pensant aux promesses que Caramel et Cashew leur ont faites.

Jujube ramène le calme et leur indique de lever un tout petit peu les pattes plutôt que de les glisser – ça pourrait éviter les blessures – et… n’oubliez pas non plus de commencer avec la patte gauche.

Une fois chacun installé sous le panneau et les bâtons bien rangés sur le dessus, Praline prend une grande respiration et donne le signal tant attendu : BANG-BANG.

Tout se déroule bien à part les erreurs de patte évidemment et, d’un Bang à l’autre, elle prend de l’assurance. Graduellement, ses belles oreilles blanches et son pelage se redressent.

Elle commence à regarder autour. Là, une couleuvre traverse le sentier. Là une souris entre dans les fourrés. Réglisse va être contente de mes observations.

Oh! un bébé moufette qui pointe le nez. La maman ne doit pas être loin. Gardons le rythme pour ne pas les surprendre.

Bang-avance, bang-avance. La vie est belle qu’elle chantonne dans sa tête. C’est moi Praline qui aura amené toute la fratrie à notre but.

Arrivée au bout du sentier, elle aperçoit le monticule. Ils vont être vraiment fiers de moi, je vais continuer à les faire avancer juste qu’à ce qu’on soit tout près. L’installation sera plus facile.

BANG-avance, BANG-avance, BANG-BANG-BANG, tous comprennent qu’ON EST RENDU!!

Et là, ce qui ne devait pas arriver arriva : Cashew fait un grand bond de joie sous le panneau, les bâtons partent dans toutes les directions, la plaque glisse d’un côté et les lapins s’enfargent l’un sur l’autre. Bref tout un charivari.

Praline est tellement enragée de voir son beau travail mis en pièce qu’elle saute sur le coupable. Volée de pattes par çi, coup de griffes par là, elle est déchaînée.

Cashew fait le maximum pour se protéger de ce tourbillon de fourrure blanche, mais disons qu’il n’en mène pas large.

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UNE MANŒUVRE DÉLICATE