A 6. Une nuit loin de chez soi

Oh! que faire? Bientôt le soleil va se coucher. Pas un lapin ne veut risquer une échauffourée avec un prédateur nocturne.

Ah! Pastille a une idée : souvent dans les talus il y a des trous. Si on en trouve un rapidement, peut-être qu’on pourrait camper dedans cette nuit.

Pas bête, répond Jujube. Ça vaut la peine de prendre quelques minutes pour aller voir.

Les têtes tournent, des fois qu’on en verrait un par hasard. Mais il n’y a rien d’évident…

On s’éparpille le long du talus. Les lapins sautent, tournent et virent regardant sous tous les angles pour ne rien manquer. 

Guimauve et Nougat s’enfoncent dans les fourrés. Qui sait, un siffleux a peut-être creusé des galeries dans le coin. Ouiiii!!! Ouiiii!!!! Ce trou ici pourrait faire l’affaire.

Ils alertent la fratrie, qui accourt aussitôt, fébrile. Est-ce assez grand pour tous nous loger? Est-ce vraiment un trou abandonné? L’entrée est-elle suffisamment protégée?

Caramel se glisse à l’intérieur pour vérifier la galerie. Réglisse le suit pensant que deux opinions valent mieux qu’une.

Ils émergent un peu plus loin. C’est un bon signe, il y a une sortie de secours. Tous les deux sont d’accord : toute la famille pourrait y loger et il ne semble pas y avoir de résident.

Jujube recule pour bien observer les abords. Il va voir la sortie. Oui c’est bien protégé. Caramel et Réglisse répètent qu’il n’y a pas de résidents. Ils n’ont vu que de vieux brins d’herbe et des toiles d’araignées.

OK qu’il signale : allons-y, installons-nous.

En un rien de temps c’est la fête, d’autant plus qu’on a eu une belle frousse. Cette journée d’aventure va se terminer magnifiquement.

Chacun veut voir le terrier, aider à ramasser de l’herbe pour tapisser le sol, cueillir le cresson, l’achillée et le fenouil pour se régaler. 

Alors que le jour tombe, bien installés et le ventre plein, on revit la journée : le truc de la boîte de métal – génial! les bâtons pour soutenir la planche aux arrêts – il fallait y penser! la distance parcourue – quel exploit!

Caramel et Cashew commencent à proposer des idées pour le lendemain … mais là non! on proteste : demain, c’est demain, n’exagérez pas.

Graduellement, l’un après l’autre, les lapins entrent dans leur chez-soi temporaire, encore excités par la nouveauté.

Chacun veut se trouver une place confortable où il ne se fera pas chatouiller par les frémissements de fourrure des voisins. Mais, holà, voilà Réglisse qui attire l’attention d’un coup de patte.

On ne connaît pas tout ce qui rôde ici. Il faut rester alerte. Après une telle journée, nous risquons de dormir profondément et de nous faire prendre.

Cashew propose de se poster à l’entrée pour veiller. Bien beau ça qu’on lui répond mais c’est sûr qu’à un moment tu vas t’endormir.

D’un commentaire à l’autre, la fratrie finit par organiser des tours de garde à chaque extrémité de la galerie. Chacun y passera deux fois durant la nuit.

Praline évidemment est exemptée. Elle a besoin d’une bonne nuit de sommeil si on veut que la journée du lendemain se passe bien.

Enfin, plus un bruit. Tout est réglé. Les lapins se mettent en boule et s’endorment d’un coup tellement ils sont fatigués…sauf les veilleurs bien sûr.

Les premiers ont de la difficulté à rester les yeux ouverts mais, comme les lapins s’y connaissent en vigilance, on peut leur faire confiance. Ils vont faire ce qu’il faut pour éviter de s’endormir – cligner des yeux, inventer de nouvelles grimaces, nommer les brins d’herbe devant eux, etc.

Rien ne bouge dehors comme dedans. Le parcours de la lune dans le ciel marque les changements de sentinelle. Tout va bien qu’on rapporte en se relayant.

Doucement, sans bruit ni mouvement suspect, la famille Bonbon passe sa première nuit en camping.

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ON Y EST PRESQUE