Alors que les lapins reprennent leur souffle après la première étape, Réglisse constate qu’il n’y a plus de ‘voisins’ aux alentours, juste un siffleux.
C’est étrange pense-t-elle considérant la distraction que leur procession procure à chacun. Y aurait-il une menace que l’excitation de leur aventure dissimulerait?
Rien dans les fourrés. Prudente, elle avance un peu…rien. Oh! En haut! Une buse patrouille dans le ciel.

Dangereux pour les souris et les écureuils mais elles attaquent rarement les lapins – trop gros pour elles. En plus, la fratrie sera bientôt sous le panneau, et les BANGs la tiendront loin.
Inutile de distraire les autres avec cette nouvelle. Elle avise quand même Guimauve de rester aux aguets. Un renard pourrait bien se pointer avant la brunante. Il ne faudrait pas gâcher cette belle journée par imprudence.
De son côté Caramel en a assez d’attendre. Pour suivre le plan de Cannelle, il ne faudrait pas s’éterniser.
Jujube signale son approbation de la patte.
Chacun reprend sa place sous le panneau. Guimauve fait le tour pour aider au rangement des piquets et y va ensuite d’un gros BANG pour annoncer le départ. BANG-glisse c’est reparti.
Avec elle, pas de souci: juste suivre le rythme, ménager ses forces, rester attentif. BANG-glisse, BANG-glisse, heureusement que cette étape est moins longue que la première.
Enfin! BANG-BANG-BANG . Tout le monde comprend. Stop! Nous sommes arrivés au tournant de la rivière qui marque le deuxième arrêt.
Praline émet un petit cuic. Elle n’en peut plus. Guimauve se dépêche de l’aider à installer son piquet.
Ouf! Ouf! Cette fois-ci on est moins prompt à sauter et à s’étirer. Jujube et Réglisse se font signe de l’œil. Voyons voir si la fratrie récupérera suffisamment pour la prochaine étape.
L’eau est attirante. Les uns après les autres ils succombent à la tentation et descendent pour s’y tremper les pattes. Ahhh! Que cela fait du bien.
Évidemment, Cashew à grand renfort de clapotis en asperge plus d’un. Pastille, fâchée de voir sa belle fourrure aplatie par l’eau, lui renvoie une grande gerbe d’eau.
Même Praline s’y met sous prétexte d’avoir à dégager le sable entre ses doigts de patte.
En un rien de temps, de provocation en riposte, tout le monde finit par être trempé. Il s’en faut de peu pour que la chicane prenne.
Jujube encore une fois sauve la mise. Avant que les tempéraments s’échauffent et que cette belle aventure tourne au vinaigre, il envoie un grand BANG pour attirer l’attention…(vraiment pratique ce truc là).
Il a remarqué à travers toute cette agitation que plusieurs coussinets de patte sont usés et risquent l’enflure – des pattes de lapin c’est fait pour sauter pas pour glisser. On ne peut aller plus loin aujourd’hui, qu’il leur dit. Il faut ménager nos pattes.
Maintenant que nous sommes tous mouillés aussi bien se rafraîchir et se nettoyer. Il reste juste assez de soleil pour nous sécher avant de rejoindre le terrier.
Soulagement! La proposition fait l’unanimité.
Oui, oui, il faut être prudent qu’ils disent, tout en pensant ‘ouf! je n’aurais pas été capable de continuer.’ Bref, on peut s’arrêter sans avoir l’air d’être faiblard.
Les lapins se taquinent maintenant de bon cœur, en s’aidant à enlever la saleté accumulée.

Graduellement on remonte le talus pour se sécher en se roulant dans les fougères (ça va sentir bon dans le terrier cette nuit).
Un bond par ci, un bond par là et hop les fourrures reprennent leur belle apparence.
Guimauve et Nougat suggèrent de faire un pique-nique pour terminer cette journée exceptionnelle. Ils ont remarqué du cresson un peu plus loin au bord de l’eau. Avec le jeune fenouil et de l’achillée que l’on trouve partout ici ce serait un vrai festin.
Cannelle renchérit : l’achillée va être bonne pour nos pattes, ça réduit les enflures. Nous aurons bon pied bon œil demain pour amener le panneau jusqu’à la butte.
On saute sur l’idée, surtout que les lapins ont très faim après cette grosse journée.
Réglisse veut calmer les ardeurs. Elle se souvient du rapace et des dangers qui rôdent autour. Il ne faut pas trop s’attarder avant de retourner se mettre à l’abri au terrier.
Caramel et Cashew évidemment font les fanfarons : on en a vu d’autres, on courra un bon coup, tu t’inquiètes pour rien etc…
Jujube réfléchit fort. Courir un bon coup, pas sûr que tous les lapins sont capables de pousser des pointes de vitesse ce soir.
Pour bien faire, il faudrait même se mettre en route dès maintenant…mais rendus chez nous ce ne sera pas évident non plus, il sera tard pour manger. . .
C’était tellement bien toute cette journée qu’il n’a pas senti le temps passer. Ah! Pourquoi n’y a-t-il pas pensé plus tôt!
Autour de lui les lapins comprennent qu’ils ont un gros problème.
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